Palmarès régional des brevets 2025 : où sont conçues les inventions françaises

Où naissent les inventions françaises ? L’Institut national de la propriété industrielle (INPI) apporte une réponse chiffrée avec son palmarès régional 2025 des déposants de brevets, publié le 27 octobre. Pour la première fois, l’édition intègre aussi les demandes publiées par l’Office européen des brevets (OEB), ce qui donne une image plus complète de l’effort d’innovation des entreprises et des laboratoires installés sur le territoire.

15 862 demandes signées par des inventeurs résidant en France #

En 2025, 15 862 demandes de brevet publiées à l’INPI ou à l’OEB portent la signature d’au moins un inventeur domicilié en France. Derrière ce volume, l’institut recense 2 818 personnes morales et 28 347 inventeurs. À l’échelle des deux offices, le document complet de l’INPI compte 197 723 demandes publiées sur l’année, toutes origines confondues.

La méthode mérite d’être soulignée. Le classement ne s’appuie pas sur l’adresse du déposant, souvent celle du siège social, mais sur l’adresse de résidence de l’inventeur déclarée dans la demande. Une invention conçue par une équipe toulousaine d’un groupe parisien est donc rattachée à l’Occitanie. Ce choix mesure l’endroit où les idées sont réellement conçues, pas celui où l’entreprise est domiciliée.

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Une innovation très concentrée #

Premier enseignement : la carte de l’innovation technologique reste très déséquilibrée. L’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes réunissent à elles seules 62 % des demandes. L’Île-de-France pèse 44 % des demandes de brevet émanant de personnes morales et l’Auvergne-Rhône-Alpes environ 18 %. La région capitale concentre aussi 43 % des inventeurs désignés.

Cette domination s’explique par la présence des grands centres de recherche et développement de l’industrie, des écoles d’ingénieurs et des laboratoires publics. En Île-de-France, 6 845 demandes proviennent de déposants comptant au moins un inventeur dans la région. Safran y prend la tête avec 1 233 demandes, devant Stellantis (1 080) et Valeo (535).

Le CEA règne sur Auvergne-Rhône-Alpes

En Auvergne-Rhône-Alpes, 2 872 demandes ont au moins un inventeur dans la région. Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), très implanté à Grenoble, domine avec 512 demandes, plus du double de Michelin (228). Le CNRS complète le podium avec 205 demandes.

Chaque région a son champion industriel #

Le palmarès dessine une France de spécialités, où l’industrie locale imprime sa marque.

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En Occitanie, troisième région en volume avec 1 100 demandes, Airbus arrive largement en tête avec 287 demandes, soit plus du double du CNRS (116), devant Schaeffler (81). L’Opinion Indépendante souligne que la région représente 6,8 % du total national.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 785 demandes sont recensées. Thales mène avec 113 demandes, devant le CNRS (77) et STMicroelectronics (57), un trio où dominent l’électronique et la défense.

En Bretagne, sur 700 demandes, l’entreprise de taille intermédiaire InterDigital CE Intermediate domine avec 277 demandes, loin devant les suivants.

En Bourgogne-Franche-Comté, Stellantis écrase le classement avec 281 demandes, loin devant Forvia (33) et Alstom (23). Le constructeur est aussi premier dans les Hauts-de-France avec 49 demandes, devant le CNRS (41) et Forvia (40).

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Dans le Grand Est, le CNRS ouvre la marche (70 demandes) devant ArcelorMittal (49) et l’université de Strasbourg (30). En Centre-Val de Loire, c’est le roulementier SKF qui s’impose avec 43 demandes, devant Stellantis (35). En Pays de la Loire, le CNRS (33) devance Valeo (29) et Renault Group (23).

La recherche publique, fil conducteur du territoire #

Deuxième enseignement : toutes les régions participent, et la recherche publique en est le liant. Le CNRS et l’Inserm apparaissent dans les douze palmarès régionaux métropolitains, le CEA dans sept d’entre eux.

Côté grandes entreprises, Stellantis figure dans le palmarès de dix régions sur douze, Thales dans six. Forvia, Arkema, Valeo et TotalEnergies apparaissent dans cinq régions, Airbus, Saint-Gobain et STMicroelectronics dans quatre. Cette dispersion montre que les grands groupes répartissent leurs équipes de recherche bien au-delà de leur siège.

PME et ETI ont aussi leur place

Le palmarès consacre un focus aux PME et aux ETI, qui pèsent moins en volume mais portent souvent des technologies de rupture. Dans les Hauts-de-France, OVHcloud arrive en tête des ETI avec 32 demandes. En Grand Est, Domain Therapeutics mène le classement des PME avec 6 demandes. Même l’outre-mer, qui n’a pas de classement complet, a sa pépite : à La Réunion, la PME Fly-R, spécialisée dans les drones à structure composite, a publié trois demandes en 2025.

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Ce que révèle ce palmarès pour l’industrie #

Pour les industriels, ce classement est plus qu’un tableau d’honneur. Il permet de repérer les bassins de compétences, les partenaires académiques actifs et les concurrents qui investissent dans la propriété industrielle. L’intégration des demandes européennes rend aussi la photographie plus fidèle : de nombreux groupes déposent directement à l’OEB pour protéger leurs inventions sur plusieurs pays à la fois.

Les données détaillées, région par région, sont consultables sur le site de datavisualisation palmaresbrevets.inpi.fr mis en ligne par l’INPI. De quoi permettre à chaque territoire de mesurer ses forces, et à chaque entreprise de se situer face à ses voisins.

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