Xpeng produit en petite série la batterie solide de son robot humanoïde IRON

Chez Xpeng, la batterie arrive avant le robot. Le constructeur chinois a annoncé le 28 octobre que la batterie à état solide conçue pour son humanoïde IRON était sortie de chaîne en petite série, alors que le robot lui-même n’est pas encore entré en production. Une manière de sécuriser l’un des composants les plus critiques d’une machine qui doit tenir debout, marcher et travailler plusieurs heures sans se recharger.

Une annonce faite au congrès SAE-China #

L’information a été donnée par Gu Jie, vice-président de Xpeng, lors d’une conférence consacrée à la robotique et à l’IA incarnée organisée pendant le congrès SAE-China (SAECCE). Selon EnergyTrend, la batterie dédiée à IRON a terminé sa production en série pilote, tandis que le robot complet se trouve encore au stade de la pré-production, avant le démarrage officiel de la fabrication.

Xpeng met en avant deux gains par rapport à une batterie lithium-ion à électrolyte liquide classique : un poids réduit d’environ 30 % et une capacité augmentée d’environ 30 %. Le pack intègre aussi un dispositif qui empêche la propagation de l’emballement thermique et a été soumis à des essais sévères, notamment des tests d’impact et de pénétration par un clou.

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Solide ou semi-solide ? Le flou demeure

Le constructeur reste discret sur un point clé. Comme le souligne Génération NT, Xpeng n’a pas précisé s’il s’agit de la technologie « tout solide » annoncée initialement ou d’une solution hybride semi-solide. La nuance compte : la batterie entièrement solide est souvent présentée comme l’aboutissement de la filière, avec une meilleure densité énergétique et une sécurité accrue, mais elle reste difficile à produire à grande échelle.

Lors de son Tech Day de novembre 2025, au moment de dévoiler la nouvelle génération d’IRON, Xpeng avait annoncé vouloir équiper le robot de batteries tout solide pour répondre à ses besoins de légèreté, de densité énergétique et de sécurité. La confirmation de la technologie exacte sera donc à surveiller lors des prochaines communications du groupe.

Pourquoi un robot pousse la batterie dans ses retranchements #

Un humanoïde impose des contraintes plus dures qu’une voiture électrique. L’espace disponible dans le torse est réduit, chaque gramme supplémentaire pèse sur l’équilibre et la fluidité des mouvements, et l’autonomie conditionne directement l’intérêt économique de la machine. Une batterie plus légère et plus dense, c’est un robot qui travaille plus longtemps entre deux recharges sans devenir plus lourd.

La sécurité est l’autre enjeu. Xpeng prévoit de déployer ses robots dans des lieux ouverts au public, à commencer par ses propres showrooms. Un risque d’incendie y serait inacceptable, d’où l’insistance du constructeur sur la résistance à l’emballement thermique. Pour Génération NT, le robot sert aussi de banc d’essai : valider la technologie sur un produit au cahier des charges très exigeant avant, éventuellement, de la généraliser à d’autres usages.

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Une industrialisation menée à marche forcée #

La batterie n’est qu’une brique d’un programme industriel qui s’accélère depuis la rentrée. D’après EnergyTrend, Xpeng a mis en service le 8 septembre sa ligne de production de robots humanoïdes, dont les processus clés sont automatisés à plus de 80 % et qui reprend les systèmes de gestion de la qualité de l’automobile. Le premier IRON assemblé sur cette ligne en est sorti en marchant.

Le 22 septembre, le groupe a réuni pour la première fois ses fournisseurs de robotique, spécialistes des modules d’articulation, des actionneurs et des pièces de structure de précision, et indique avoir signé des accords de sélection avec plusieurs d’entre eux. Côté financement, la branche robotique a bouclé fin août une première levée de plus de 900 millions de dollars, pour une valorisation dépassant 6,3 milliards de dollars.

Un calendrier serré

L’objectif affiché est de lancer la production en grande série des humanoïdes haut de gamme d’ici la fin de 2026, puis de les déployer progressivement à partir de 2027 dans les points de vente et d’autres environnements commerciaux. Avec la batterie désormais produite en petite série, l’attention se porte sur l’assemblage final du robot et sur la capacité de Xpeng à tenir ce rythme.

Ce que cela dit de la course aux humanoïdes #

L’annonce illustre une tendance de fond : les constructeurs automobiles qui se lancent dans la robotique humanoïde s’appuient sur leurs compétences en batteries, en électronique de puissance et en production de masse. Xpeng applique au robot la logique de l’automobile, avec une chaîne d’approvisionnement structurée, une ligne automatisée et des composants développés en interne.

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Pour les industriels européens qui observent ce marché, le message est double. D’un côté, la batterie reste un verrou technologique majeur pour rendre ces machines réellement utiles en atelier comme en magasin. De l’autre, la vitesse d’exécution des acteurs chinois, de la levée de fonds à la ligne de production en quelques mois, fixe un rythme difficile à suivre.

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