Sammode et EDF développent des LED capables de résister aux radiations des réacteurs

Le fabricant français de luminaires Sammode a été retenu par EDF pour un contrat de partenariat d’innovation : il doit mettre au point une nouvelle génération d’éclairages LED capables de fonctionner dans les zones les plus irradiées des réacteurs nucléaires, actuels comme futurs.

En bref
  • Sammode décroche un partenariat d’innovation avec EDF après un appel d’offres.
  • Objectif : des luminaires LED résistant jusqu’à 100 kGy de rayonnement.
  • Linéaires, projecteurs, éclairage de secours et balises sont concernés.
  • Les laboratoires ATRON et ENGIE Laborelec accompagnent prototypes et essais.

Que prévoit le contrat entre Sammode et EDF ? #

Selon le communiqué de Sammode, l’entreprise a été sélectionnée à l’issue d’un appel d’offres exigeant. Le contrat prend la forme d’un partenariat d’innovation, une procédure qui permet à un acheteur de financer le développement d’un produit qui n’existe pas encore sur le marché, puis de l’acquérir.

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Le périmètre couvre toute la gamme d’éclairage d’une installation : luminaires linéaires, projecteurs, éclairage de secours et balises. Ils sont destinés aux zones radiologiques les plus contraignantes des réacteurs existants et de ceux à venir.

Le dossier a été repris le 18 octobre par L’Usine Nouvelle, sous l’angle d’une LED conçue pour résister à la radioactivité.

Pourquoi la radioactivité est un casse-tête pour les LED #

Une LED est un composant électronique. Or les rayonnements ionisants dégradent progressivement les semi-conducteurs, les circuits d’alimentation et même certains matériaux optiques, qui jaunissent ou perdent leur transparence. Un luminaire standard installé près d’un circuit primaire vieillirait bien trop vite.

D’où l’ambition affichée : des luminaires co-développés avec EDF capables d’encaisser jusqu’à 100 kGy. Le gray mesure la dose de rayonnement absorbée par la matière ; atteindre ce niveau impose de repenser l’électronique, les matériaux et la conception thermique de chaque appareil.

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Deux laboratoires pour valider les prototypes

Sammode ne travaille pas seul. Ses équipes de recherche et développement s’appuient sur deux laboratoires partenaires, ATRON et ENGIE Laborelec, pour les phases de prototypage et d’essais. C’est là que les luminaires seront exposés et mesurés avant toute qualification pour une centrale.

Un acteur historique du nucléaire #

Le choix n’est pas un saut dans l’inconnu pour EDF. Sammode équipe le parc nucléaire depuis les années 1970 en luminaires conçus pour des environnements difficiles. En 2008, l’entreprise avait été retenue pour fournir des luminaires de classe 1 et 2 dans le cadre d’un programme de rénovation et de maintenance portant sur 19 sites.

Depuis 2018, elle accompagne aussi l’électricien dans la bascule de ses éclairages fluorescents vers la LED. Ce chantier est poussé par la réglementation européenne sur l’écoconception et les substances dangereuses, qui organise le retrait progressif des tubes fluorescents du marché, comme le rappelle Sammode.

Ce que la LED change pour l’exploitant #

Au-delà de la contrainte réglementaire, la LED a un intérêt opérationnel évident en centrale. Selon les chiffres avancés par le fabricant, elle permet en moyenne environ 50 % d’économies d’énergie et une durée de vie jusqu’à cinq fois supérieure à celle d’un tube fluorescent.

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Dans une zone irradiée, chaque intervention de maintenance a un coût particulier : elle expose les techniciens et doit être planifiée. Un éclairage qui dure plus longtemps, c’est donc moins de remplacements dans des locaux où l’accès est encadré. C’est tout l’enjeu d’une LED qui ne se dégrade pas sous rayonnement : conserver cet avantage là où il compte le plus.

Ce que cela dit de la filière nucléaire #

Le contrat illustre une tendance de fond : la relance du nucléaire ne se joue pas seulement sur les cuves et les turbines. Elle mobilise aussi une foule de fournisseurs de composants très spécialisés, souvent des PME ou des ETI, qui doivent qualifier des produits pour des conditions extrêmes.

Le fait que le contrat vise explicitement les réacteurs futurs montre qu’EDF prépare déjà l’équipement de ses prochaines installations. Pour un industriel de l’éclairage, décrocher ce type de qualification ouvre un marché de long terme, où la durée de vie et la fiabilité comptent plus que le prix unitaire.

Ni le montant du contrat ni le calendrier de livraison n’ont été rendus publics à ce stade.

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Questions fréquentes #

Qu’est-ce qu’un partenariat d’innovation ?

C’est une procédure d’achat qui associe la recherche, le développement puis l’acquisition d’un produit nouveau auprès d’un même fournisseur.

Que signifie 100 kGy ?

Le kilogray mesure la dose de rayonnement absorbée ; 100 kGy correspond au niveau de résistance visé pour ces luminaires.

Quels réacteurs sont concernés ?

Les zones radiologiques les plus exigeantes des réacteurs existants et futurs d’EDF.

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