Wandercraft fabrique ses exosquelettes et son humanoïde Calvin dans un ancien centre de tri parisien

Fabriquer des robots en plein Paris, dans un bâtiment qui triait autrefois le courrier : c’est le pari de Wandercraft. La start-up française, connue pour ses exosquelettes de marche, a inauguré début octobre son nouveau site du 13e arrondissement. On y trouve à la fois ses bureaux, sa recherche et, au sous-sol, une ligne de production qui doit assembler ses exosquelettes et son robot humanoïde Calvin-40.

Un ancien centre de tri postal reconverti en site industriel #

Le nouveau siège occupe 4 300 m² dans un ancien centre de tri de La Poste, avenue d’Italie. C’est le conseil immobilier JLL, qui a accompagné la recherche du lieu, qui détaille le cahier des charges : un quai de chargement, de belles hauteurs sous plafond et des planchers capables de supporter 800 kg/m². Autant de caractéristiques rares dans un immeuble parisien, et indispensables pour une activité de production.

Le changement d’échelle est net. Toujours selon JLL, Wandercraft occupait jusque-là un duplex de 1 300 m² rue de Rivoli, pendant huit ans. Le nouveau site rassemble cette fois les bureaux, la R&D, la production, la logistique et un espace médical.

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Une ligne de production pour exosquelettes et humanoïde #

Le site Planète Robots, qui a couvert l’inauguration le 7 octobre 2026, décrit une ligne installée au sous-sol pour trois produits : les exosquelettes Atalante et Ève, et l’humanoïde Calvin-40, développé en partenariat avec Renault Group.

Le bâtiment accueille aussi « Walk in Paris », un centre où des patients peuvent essayer les exosquelettes dans un environnement adapté. Faire cohabiter production, essais cliniques et ingénierie sous le même toit raccourcit la boucle entre les retours des utilisateurs et les évolutions des machines, un atout clé pour un fabricant de dispositifs de rééducation.

Ce que la ligne produit aujourd’hui

D’après L’Usine Nouvelle, la ligne actuelle peut sortir 1 000 robots par an, humanoïde et exosquelettes confondus. L’entreprise aurait signé le bail, aménagé les locaux et installé la ligne en six mois, avant une inauguration le 5 octobre.

Une ambition affichée : le million de robots par an #

La direction ne cache pas ses objectifs. L’Usine Nouvelle a titré son reportage sur une phrase de l’entreprise : « Nous passerons le million de robots produits par an avant dix ans ». Selon Planète Robots, Jean-Louis Constanza, cofondateur de Wandercraft, estime que la ligne devrait à terme permettre de produire un robot en deux heures.

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Il faut lire ces chiffres pour ce qu’ils sont : des ambitions, pas une capacité installée. Entre les 1 000 unités annuelles possibles aujourd’hui et le million visé, il y a trois ordres de grandeur, ce qui supposera d’autres usines, une chaîne d’approvisionnement solide et des débouchés à la hauteur, notamment pour l’humanoïde.

Le pari de l’humanoïde industriel

Calvin-40 est la pièce la plus stratégique de l’ensemble. Développé avec Renault Group, il vise des tâches en environnement industriel, là où les exosquelettes s’adressent d’abord au médical. Produire les deux sur la même ligne permet de mutualiser les composants, les compétences d’assemblage et les outils de test.

Pourquoi ce site compte pour l’industrie française #

L’inauguration tombe dans un contexte peu flatteur pour la robotique en France. Les données de la Fédération internationale de la robotique relayées le 18 octobre par EDS montrent un pays qui installe moins de robots que ses voisins, loin derrière la Chine. Voir un fabricant français passer de l’atelier à la ligne de production, à Paris intra-muros, donne un signal inverse : la robotique peut aussi se fabriquer ici.

Le choix d’un bâtiment existant mérite aussi l’attention. Réhabiliter un ancien centre de tri plutôt que construire en périphérie évite l’artificialisation de nouveaux terrains et rapproche la production des ingénieurs et des talents. C’est une forme d’usine du futur très urbaine, compacte, où bureaux, laboratoires et atelier se répondent.

Ce qu’il faudra surveiller #

Les prochains mois diront si la montée en cadence suit. Trois indicateurs seront à suivre : le volume réel d’exosquelettes livrés aux centres de rééducation, les premiers déploiements de Calvin-40 sur des sites industriels, et l’éventuelle annonce d’un second site de production, indispensable pour approcher les objectifs affichés.

En attendant, l’ancien centre de tri de l’avenue d’Italie est devenu l’un des rares endroits de la capitale où l’on assemble des robots. Un symbole, et peut-être le début d’une filière.

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